L’appel de la route résonne dans l’âme de tout voyageur passionné. Ces rubans d’asphalte et de terre qui serpentent à travers les paysages les plus spectaculaires de notre planète offrent bien plus qu’un simple moyen de transport : ils constituent de véritables expériences transformatrices. Des fjords norvégiens aux sommets himalayens, en passant par les côtes californiennes et les steppes patagoniennes, certaines routes transcendent leur fonction première pour devenir des destinations à part entière. Ces itinéraires légendaires promettent des panoramas à couper le souffle, des défis techniques stimulants et des rencontres culturelles authentiques qui marquent à vie tout conducteur aventureux.

Routes panoramiques d’europe : de l’atlantic road norvégienne aux cols alpins mythiques

L’Europe regorge de routes spectaculaires qui défient les éléments naturels et révèlent la diversité géographique du continent. Ces parcours combinant prouesse technique et beauté naturelle attirent chaque année des millions de conducteurs en quête d’expériences exceptionnelles.

Atlantic road en norvège : architecture routière et ingénierie face aux éléments arctiques

Surnommée « la route de l’Atlantique », l’Atlanterhavsveien constitue un chef-d’œuvre d’ingénierie routière qui défie les conditions climatiques extrêmes de la mer de Norvège. Cette route de 8,3 kilomètres relie une série d’îlots rocheux par huit ponts audacieux, dont le célèbre pont de Storseisundet qui semble plonger directement dans l’océan. Les tempêtes hivernales transforment ce trajet en véritable montagne russe aquatique, avec des vagues de 15 mètres qui viennent s’écraser sur la chaussée.

Inaugurée en 1989 après six années de construction périlleuse, cette route a nécessité des techniques de construction révolutionnaires pour résister aux conditions arctiques. Les ingénieurs ont dû composer avec des vents atteignant 180 km/h et des températures descendant jusqu’à -30°C. Aujourd’hui classée « Route touristique nationale norvégienne », elle attire plus de 300 000 visiteurs annuellement, particulièrement entre juin et septembre quand les conditions météorologiques permettent une conduite plus sécurisée.

Route des grandes alpes françaises : 684 kilomètres à travers 16 cols d’altitude

La Route des Grandes Alpes française représente l’un des circuits alpins les plus emblématiques d’Europe, reliant le lac Léman à la Méditerranée à travers les sommets les plus prestigieux des Alpes françaises. Cet itinéraire mythique traverse 16 cols d’altitude, culminant au col de l’Iseran à 2 764 mètres, le plus haut col routier d’Europe. La route serpente à travers cinq départements alpins, offrant une diversité de paysages époustouflante : glaciers éternels, lacs d’altitude cristallins, forêts de mélèzes et prairies fleuries.

Créée en 1911 par le Touring Club de France, cette route nécessite généralement 5 à 7 jours de conduite pour être appréciée pleinement. Les cyclistes du Tour de France connaissent bien ces ascensions légendaires, notamment l’Alpe d’Huez avec ses 21 lacets mythiques et le Galibier, surnommé « le géant des Alpes ». La période optimale pour parcourir l’intégralité du circuit s’ét

end entre fin juin et début octobre, lorsque les grands cols ne sont plus enneigés. En dehors de cette fenêtre, plusieurs tronçons restent fermés pour des raisons de sécurité, ce qui peut interrompre la continuité de l’itinéraire. Pour profiter pleinement de cette route mythique des Alpes, mieux vaut prévoir des étapes courtes, vérifier quotidiennement l’état des routes sur les sites officiels et réserver ses hébergements à l’avance dans les villages alpins très prisés en haute saison.

Grossglockner high alpine road en autriche : 36 virages en épingle et biodiversité alpine

Au cœur du parc national des Hohe Tauern, la Grossglockner High Alpine Road est l’une des routes panoramiques les plus célèbres d’Europe centrale. Longue de 48 kilomètres, elle relie les villages de Fusch an der Grossglocknerstrasse et Heiligenblut en franchissant le col du Hochtor à 2 504 mètres d’altitude. Ses 36 virages en épingle offrent des vues spectaculaires sur le Grossglockner, plus haut sommet d’Autriche, et sur le glacier de Pasterze qui s’étire sur près de 8 kilomètres.

Construite entre 1930 et 1935, cette route payante est ouverte généralement de début mai à fin octobre, en fonction de l’enneigement. Chaque année, plus de 900 000 visiteurs empruntent cet itinéraire d’altitude, faisant de la Grossglockner High Alpine Road une route touristique incontournable en Autriche. Des aires d’arrêt aménagées, des musées routiers et des sentiers de randonnée permettent d’observer de près la faune alpine, notamment les marmottes, chamois et bouquetins, tout en sensibilisant le public aux effets du réchauffement climatique sur les glaciers.

La conduite sur cette route nécessite une attention constante : pentes pouvant atteindre 12 %, virages serrés et conditions météorologiques changeantes même en été. Les autorités recommandent de vérifier les prévisions météo et d’éviter les jours de brouillard dense, qui réduisent fortement la visibilité. Pour une expérience optimale, il est conseillé d’emprunter cette route tôt le matin ou en fin d’après-midi, quand l’affluence diminue et que la lumière rasante sublime les paysages de haute montagne.

Route côtière de l’algarve au portugal : falaises calcaires et formations géologiques exceptionnelles

À l’extrême sud du Portugal, la route côtière de l’Algarve suit l’océan Atlantique entre Lagos et Faro, puis jusqu’au cap Saint-Vincent pour ceux qui souhaitent pousser l’aventure jusqu’au « bout de l’Europe ». Loin d’être une simple liaison balnéaire, cet itinéraire permet de découvrir des falaises calcaires sculptées par l’érosion, des grottes marines spectaculaires comme Benagil et des plages secrètes nichées entre deux promontoires rocheux. Les points de vue de Ponta da Piedade ou de Cabo de São Vicente comptent parmi les panoramas côtiers les plus photographiés du continent.

Si l’ancienne N125 reste l’axe principal, la véritable route panoramique de l’Algarve emprunte quantité de petites routes secondaires qui longent au plus près le littoral. Ce maillage routier permet de s’arrêter facilement dans les villages de pêcheurs, de découvrir des ports traditionnels et de s’éloigner des grandes stations touristiques très fréquentées en été. Voyager hors saison – en mai-juin ou en septembre-octobre – est idéal pour profiter de la douceur du climat, de la lumière dorée sur les falaises et d’une circulation bien plus fluide.

Les conducteurs doivent toutefois rester vigilants : routes étroites, stationnements parfois improvisés au bord des falaises et piétons nombreux autour des points de vue. Un véhicule compact se révèle souvent plus pratique pour se faufiler et trouver une place de parking près des sentiers d’accès aux criques. En combinant cette route mythique du sud du Portugal avec quelques balades en bateau ou en kayak, vous découvrez une Algarve bien différente des cartes postales standardisées, plus sauvage et géologiquement fascinante.

Transfăgărășan en roumanie : route militaire stratégique à travers les carpates

Construite entre 1970 et 1974 sous le régime de Nicolae Ceaușescu, la Transfăgărășan est une route spectaculaire qui traverse les monts Făgăraș, au cœur des Carpates méridionales. Longue de 151 kilomètres, elle relie les régions de la Valachie et de la Transylvanie en culminant à 2 042 mètres au niveau du tunnel de Bâlea, le plus long tunnel routier de Roumanie. Avec ses lacets serrés, ses viaducs vertigineux et ses parois rocheuses abruptes, cette route mythique de Roumanie a été popularisée à l’international par l’émission Top Gear, qui l’a décrite comme « la plus belle route du monde ».

À l’origine, la Transfăgărășan avait une vocation strictement militaire : permettre le déploiement rapide de troupes en cas d’invasion, dans un contexte de tensions avec l’Union soviétique. Les travaux ont mobilisé des milliers de soldats et de travailleurs, dans des conditions particulièrement difficiles marquées par les avalanches, les chutes de pierres et les hivers rigoureux. Aujourd’hui, la route est surtout fréquentée par les voyageurs et passionnés d’automobile, ainsi que par les randonneurs qui l’utilisent comme point d’accès aux sentiers d’altitude.

La Transfăgărășan n’est ouverte que de fin juin à fin octobre, la section la plus haute étant fermée le reste de l’année pour cause de neige et de risque d’avalanches. Les conducteurs doivent anticiper des changements rapides de météo, avec brouillard et pluie fréquents même en plein été. Pour profiter pleinement des paysages – lacs glaciaires, cascades, forêts de conifères – il est recommandé de rouler lentement, de prévoir plusieurs arrêts photos et, si possible, de passer une nuit près du lac Bâlea, où l’on trouve en hiver un hôtel de glace éphémère.

Circuits épiques d’amérique du nord : de la pacific coast highway aux parcs nationaux emblématiques

Aux États-Unis et au Canada, les routes mythiques sont indissociables de l’imaginaire du road trip. De la côte pacifique aux montagnes rocheuses, ces itinéraires offrent une immersion totale dans des paysages grandioses, façonnés par les océans, les glaciers et les forêts ancestrales. Emprunter ces routes mythiques d’Amérique du Nord, c’est souvent vivre un véritable road movie, où chaque virage révèle un nouveau décor.

Pacific coast highway californie : 1 055 kilomètres de san francisco à los angeles

La Pacific Coast Highway, également connue sous le nom de Highway 1, longe la côte californienne sur plus de 1 000 kilomètres entre San Francisco et Los Angeles. Cet itinéraire emblématique suit les falaises face à l’océan Pacifique, traverse des villages balnéaires chics comme Carmel-by-the-Sea, des zones sauvages telles que Big Sur et des villes chargées d’histoire comme Santa Barbara. De nombreux voyageurs considèrent cette route panoramique de Californie comme l’une des plus belles au monde pour ses points de vue spectaculaires sur l’océan.

Inaugurée par tronçons à partir des années 1930, la Pacific Coast Highway reste cependant vulnérable aux glissements de terrain et aux tempêtes hivernales. Il n’est pas rare que certaines sections soient fermées temporairement, notamment autour de Big Sur, obligeant à de longs détours par l’intérieur des terres. Avant de partir, il est indispensable de consulter les mises à jour du California Department of Transportation pour vérifier l’état de la route. Voyager au printemps ou en automne permet généralement d’éviter la foule estivale et les bancs de brouillard épais typiques de l’été.

Pour tirer le meilleur parti de cette route mythique, mieux vaut prévoir au moins 3 à 4 jours entre San Francisco et Los Angeles. Cela laisse le temps de s’arrêter dans les parcs d’État de la côte, de visiter le château extravagant de Hearst Castle ou d’observer les éléphants de mer à Piedras Blancas. De nombreux voyageurs créent même une bande son dédiée à leur road trip sur la Pacific Coast Highway, tant la musique semble ici faire partie intégrante du voyage, comme dans un film hollywoodien.

Blue ridge parkway : 755 kilomètres à travers les appalaches et great smoky mountains

Plus à l’est, la Blue Ridge Parkway serpente sur 755 kilomètres le long de la chaîne des Appalaches, reliant le parc national de Shenandoah en Virginie au parc national des Great Smoky Mountains en Caroline du Nord. Cette route panoramique, sans feux de circulation ni publicités, a été conçue dans les années 1930 comme un projet de relance économique et comme vitrine des paysages ruraux de l’Est américain. Les points de vue aménagés, les aires de pique-nique et les sentiers accessibles depuis la route en font un itinéraire privilégié pour un road trip nature sur la côte Est des États-Unis.

La Blue Ridge Parkway est particulièrement prisée à l’automne, lorsque les forêts de feuillus se parent de teintes flamboyantes allant du jaune au rouge profond. Cette « fall foliage season » attire des millions de visiteurs chaque année, au point de provoquer parfois des embouteillages sur certaines sections. Pour éviter la foule, il peut être judicieux de privilégier les mois de mai ou de juin, quand la végétation est d’un vert intense et que les rhododendrons sauvages sont en fleurs. La vitesse est volontairement limitée, incitant les conducteurs à adopter un rythme lent et contemplatif.

Cette route mythique des Appalaches est également un corridor culturel : fermes historiques, petites villes de montagne et centres d’interprétation racontent l’histoire des communautés rurales qui ont façonné la région. Des festivals de musique bluegrass et de nombreuses performances en plein air ponctuent la saison touristique, rappelant que le voyage sur la Blue Ridge Parkway ne se limite pas aux paysages, mais englobe aussi une immersion dans l’Amérique traditionnelle.

Icefields parkway au canada : 232 kilomètres entre jasper et banff national parks

Au cœur des Rocheuses canadiennes, l’Icefields Parkway (Route 93) relie les parcs nationaux de Jasper et Banff sur 232 kilomètres. Souvent décrite comme l’une des plus belles routes panoramiques du Canada, elle longe la ligne de partage des eaux et offre des points de vue impressionnants sur une trentaine de glaciers, des lacs turquoise et des sommets culminant à plus de 3 000 mètres. Parmi les arrêts incontournables, on compte le champ de glace Columbia, le lac Peyto et le lac Bow, véritables icônes de la photographie de paysage.

Cette route, ouverte en 1940, est praticable toute l’année mais soumise à des conditions hivernales parfois extrêmes entre novembre et avril : neige abondante, verglas, risque d’avalanches et températures pouvant descendre sous les -30 °C. Entre juin et septembre, la circulation reste relativement dense, notamment autour des principaux parkings et sentiers populaires. Il est recommandé de faire le plein de carburant avant de s’engager sur l’Icefields Parkway, car une seule station-service intermédiaire est disponible, et les services sont limités.

Les voyageurs doivent également rester attentifs à la faune sauvage, très présente dans cette zone protégée. Il n’est pas rare de croiser des ours noirs, des wapitis ou des mouflons d’Amérique au bord de la chaussée. En respectant les limitations de vitesse et en gardant une distance de sécurité avec les animaux, vous contribuez à la préservation de ce corridor écologique unique. Pour une expérience encore plus immersive, de nombreux visiteurs combinent la route des glaciers au Canada avec quelques nuits en camping ou en lodge au cœur des parcs nationaux.

Going-to-the-sun road montana : route alpine traversant glacier national park

La Going-to-the-Sun Road traverse d’est en ouest le parc national de Glacier, dans le Montana, sur environ 80 kilomètres. Cette route alpine, inaugurée en 1933, franchit le col de Logan Pass à 2 026 mètres d’altitude et est célèbre pour ses corniches vertigineuses, ses cascades qui débordent sur la chaussée au printemps et ses vues panoramiques sur des vallées glaciaires spectaculaires. Pour beaucoup, elle incarne l’essence même d’une route de parc national emblématique aux États-Unis.

En raison de l’altitude et des importantes chutes de neige hivernales, la Going-to-the-Sun Road n’est entièrement ouverte que quelques mois par an, généralement de fin juin à début septembre. Les équipes du parc mettent parfois plus de deux mois à dégager les congères qui peuvent dépasser 10 mètres de hauteur au niveau du col. Depuis quelques années, le service des parcs nationaux a mis en place un système de réservation à l’avance pour accéder à la route en haute saison, afin de réguler l’affluence et de limiter l’impact sur l’écosystème fragile.

Pour ceux qui préfèrent admirer ce ruban d’asphalte spectaculaire sans stress au volant, des navettes officielles parcourent la route, permettant de multiplier les arrêts randonnées sans se soucier du stationnement. Quel que soit votre mode de déplacement, il est conseillé de partir tôt le matin pour profiter de la lumière douce sur les sommets et augmenter vos chances d’observer la faune – chèvres des montagnes, ours et cerfs – qui fréquente les pentes alentours. Cette route mythique de Glacier National Park illustre parfaitement le compromis délicat entre accessibilité touristique et préservation d’un environnement montagnard exceptionnel.

Traversées légendaires d’asie : de la karakoram highway aux routes de haute altitude himalayennes

L’Asie abrite certaines des routes les plus extrêmes du monde, où la conduite devient un véritable défi physique et mental. Entre cols à plus de 5 000 mètres d’altitude, routes sujettes aux glissements de terrain et pistes longeant des précipices vertigineux, ces itinéraires ne conviennent pas à tous les conducteurs. Mais pour ceux qui osent s’y aventurer, ils offrent des expériences inoubliables, mêlant paysages grandioses, villages isolés et cultures millénaires.

Karakoram highway pakistan-chine : plus haute route pavée du monde à 4 693 mètres

La Karakoram Highway (KKH) relie Hasan Abdal, près d’Islamabad au Pakistan, à Kashgar en Chine sur environ 1 300 kilomètres. Souvent décrite comme la huitième merveille du monde par les locaux, elle est considérée comme la plus haute route internationale pavée du globe, franchissant le col de Khunjerab à 4 693 mètres d’altitude. Cette route suit en grande partie l’ancienne route de la soie, le long de l’Indus et du Hunza, au cœur de certains des massifs les plus imposants de la planète : Karakoram, Himalaya et Hindu Kush.

Construite conjointement par le Pakistan et la Chine entre 1959 et 1979, la Karakoram Highway a coûté la vie à plusieurs centaines d’ouvriers, victimes d’avalanches, d’éboulements et d’accidents de chantier. Aujourd’hui encore, la route reste vulnérable aux glissements de terrain et aux crues subites, nécessitant des travaux de maintenance constants. Les voyageurs qui empruntent cette route mythique doivent s’attendre à des contrôles de sécurité fréquents, à des procédures de visa strictes et à des conditions de conduite très variables en fonction des saisons.

La meilleure période pour parcourir la Karakoram Highway s’étend de mai à octobre, lorsque les cols sont dégagés et que les températures sont plus clémentes. Même à cette époque, le mal aigu des montagnes peut affecter certains voyageurs en raison de l’altitude élevée. Il est donc recommandé de monter progressivement, de bien s’hydrater et de prévoir des journées de repos dans des vallées comme celle de Hunza, réputée pour ses paysages de cartes postales et ses vergers en terrasses.

Manali-leh highway inde : 479 kilomètres à travers l’himalaya et plateaux du ladakh

En Inde, la Manali-Leh Highway relie la vallée verdoyante de Kullu-Manali à la capitale du Ladakh, Leh, sur près de 480 kilomètres. Cet itinéraire mythique traverse certains des plus hauts cols routiers du monde, comme Tanglang La (5 328 m) et Nakee La (4 739 m), ainsi que des plateaux désertiques balayés par les vents. Pour beaucoup de motocyclistes et amateurs de 4×4, ce road trip sur le toit du monde représente un véritable rite de passage.

La route n’est praticable que de mi-juin à fin septembre, lorsque la neige a suffisamment fondu et que les cols ont été dégagés par les autorités indiennes. Même en haute saison, les conditions restent rudes : sections non goudronnées, rivières à gué, chutes de pierres et variations de température importantes entre le jour et la nuit. Il est impératif de planifier soigneusement son itinéraire, de faire le plein de carburant dès que possible et de transporter suffisamment d’eau et de vivres, car les infrastructures restent limitées sur de longues portions.

Le mal d’altitude constitue l’un des principaux risques de la Manali-Leh Highway. Pour le limiter, il est recommandé de passer quelques nuits à Manali ou dans la vallée de Lahaul avant de poursuivre, et de ne pas dormir à plus de 500 mètres au-dessus de l’altitude de la veille. De nombreux voyageurs choisissent également de découper le trajet en plusieurs étapes, avec des nuits à Keylong, Sarchu ou Pang, afin d’acclimater progressivement leur organisme à la raréfaction de l’oxygène.

Mae hong son loop thaïlande : 1 864 virages à travers les montagnes du nord

Plus au sud, en Thaïlande, la Mae Hong Son Loop offre une expérience de conduite très différente, mais tout aussi mémorable. Ce circuit en boucle d’environ 600 kilomètres, au départ de Chiang Mai, serpente à travers les montagnes du nord, en s’enfonçant dans des forêts tropicales, des plantations de thé et des villages de minorités ethniques. La route est célèbre pour ses 1 864 virages, un chiffre que les autorités locales affichent fièrement sur des panneaux routiers et des souvenirs.

Entièrement goudronnée et globalement en bon état, cette route mythique de Thaïlande est accessible à la plupart des conducteurs, que ce soit en voiture ou en scooter de location. Toutefois, les virages serrés, les pentes parfois raides et la présence occasionnelle de bétail sur la chaussée exigent une conduite prudente. La saison sèche, de novembre à février, offre généralement les meilleures conditions : ciel dégagé, températures plus fraîches et vues dégagées sur les vallées brumeuses au petit matin.

La Mae Hong Son Loop est aussi l’occasion d’explorer une autre facette de la Thaïlande, loin des plages et des mégapoles. Les arrêts populaires incluent la ville de Pai, devenue un repaire de backpackers, la paisible Mae Hong Son et les villages karens frontaliers du Myanmar. En planifiant un itinéraire sur une semaine, vous pouvez prendre le temps de vous imprégner de l’atmosphère locale, de tester la cuisine de rue et de profiter de sources chaudes naturelles disséminées le long de la route.

Friendship highway tibet-népal : route commerciale historique vers l’everest base camp

La Friendship Highway relie Lhassa, capitale du Tibet, à la frontière népalaise près de Zhangmu, sur environ 800 kilomètres. Cet axe, modernisé dans les années 1960, suit en partie d’anciennes routes caravanières utilisées pendant des siècles pour le commerce entre le plateau tibétain et la vallée de Katmandou. Il traverse des paysages d’une beauté austère, alternant hauts plateaux, canyons profonds et vues lointaines sur les sommets de l’Himalaya, dont le Shishapangma et le Cho Oyu.

Depuis un embranchement de cette route, il est possible d’accéder au camp de base nord de l’Everest, côté tibétain, ce qui en fait une route emblématique pour approcher l’Everest en véhicule. Cependant, l’accès est strictement réglementé : permis spéciaux, guides officiels et circuits encadrés sont obligatoires pour les voyageurs étrangers. Les conditions politiques et climatiques peuvent également entraîner des fermetures temporaires de certains tronçons, rendant indispensable une vérification régulière des informations avant le départ.

Circuler sur la Friendship Highway, c’est aussi mesurer de manière très concrète les effets de l’altitude : une grande partie du trajet se situe au-dessus de 4 000 mètres, avec des passages au-delà de 5 000 mètres. Les voyageurs doivent s’attendre à une fatigue accrue, à un souffle court et parfois à des maux de tête, surtout lors des premiers jours. Une acclimatation progressive à Lhassa et dans les environs, combinée à une hydratation abondante et à une montée en douceur, permet généralement de limiter ces désagréments.

Srinagar-kargil-leh inde : route militaire stratégique à travers trois chaînes montagneuses

La route Srinagar-Kargil-Leh, en Inde, relie la vallée du Cachemire au Ladakh sur environ 420 kilomètres. Elle franchit plusieurs cols d’altitude, dont le Zoji La (3 528 m), qui marque le passage brutal d’un paysage verdoyant et boisé à un univers minéral et désertique. Historiquement et stratégiquement importante, cette route militaire de haute altitude est étroitement surveillée par l’armée indienne, en raison de la proximité des frontières pakistanaise et chinoise.

Ouverte généralement de mai à novembre, la route reste fermée le reste de l’année en raison des fortes chutes de neige qui bloquent le Zoji La. Même en été, la conduite peut s’avérer délicate : chaussée étroite, passages boueux, travaux routiers et trafics de camions militaires rendent certains tronçons particulièrement lents et éprouvants. Il n’est pas rare que des embouteillages se forment au niveau des cols, notamment lorsque des véhicules doivent manœuvrer pour se croiser sur des portions très étroites.

Malgré ces contraintes, la route Srinagar-Leh offre des paysages spectaculaires, avec des villages accrochés aux pentes, des monastères bouddhistes millénaires comme Lamayuru et des vallées fluviales encaissées. De nombreux voyageurs choisissent d’emprunter cette route à l’aller et de revenir par la Manali-Leh Highway, créant ainsi une boucle himalayenne d’exception. Comme pour tout road trip au Ladakh, une bonne préparation, une flexibilité sur le timing et une attention particulière à la santé en altitude sont indispensables.

Aventures extrêmes d’amérique du sud : ruta 40 argentine et routes andines de haute montagne

En Amérique du Sud, les routes mythiques épousent souvent les reliefs spectaculaires de la cordillère des Andes. Entre pistes de gravier interminables, déserts d’altitude et vallées viticoles, ces itinéraires mettent à l’épreuve les véhicules autant que les conducteurs. Mais ils récompensent largement cet effort par un sentiment de liberté rare et des panoramas parmi les plus saisissants de la planète.

Symbole de cette démesure, la Ruta Nacional 40 en Argentine s’étire sur plus de 5 200 kilomètres, du nord au sud du pays, en suivant la base de la cordillère. C’est l’une des plus longues routes du monde, traversant 11 provinces, 20 parcs nationaux et plus de 200 ponts. D’une région à l’autre, elle dévoile tour à tour les vignobles de Mendoza, les steppes patagoniennes battues par les vents, la région des grands lacs et des villages coloniaux aux façades colorées. Certaines sections restent des pistes de ripio (gravier), nécessitant un véhicule adapté et une conduite vigilante, notamment par temps de pluie ou de vent fort.

Plus au nord, d’autres routes andines mythiques relient l’Argentine au Chili à travers des cols d’altitude, comme le Paso de Jama (4 200 m) entre Salta et San Pedro de Atacama, ou le col du Cristo Redentor près de Mendoza. Ces traversées spectaculaires combinent paysages désertiques, salars étincelants et sommets enneigés, tout en exposant les voyageurs aux contraintes de l’altitude et aux conditions climatiques extrêmes. Sur ces routes de haute montagne en Amérique du Sud, il est essentiel de surveiller la météo, de prévenir d’éventuelles fermetures de frontière et de prévoir des réserves de carburant et d’eau suffisantes.

Au Chili, la Carretera Austral (Ruta 7) constitue un autre itinéraire d’exception, bien que partiellement non asphalté. Sur plus de 1 200 kilomètres entre Puerto Montt et Villa O’Higgins, elle traverse une Patagonie verte et humide, faite de fjords, de forêts pluviales et de glaciers suspendus. Les bacs pour franchir les bras de mer, les pistes étroites et les conditions météo changeantes en font une aventure logistique autant qu’un voyage routier. Comme souvent en Patagonie, la patience et la flexibilité sont vos meilleurs alliés : les imprévus font partie intégrante de l’expérience sur ces routes du bout du monde.

Parcours iconiques d’afrique et d’océanie : garden route et great ocean road

Enfin, l’Afrique et l’Océanie abritent elles aussi des routes légendaires, où l’océan n’est jamais bien loin et où la faune sauvage s’invite souvent au bord de la chaussée. Entre côtes découpées, forêts indigènes et plages infinies, ces itinéraires sont idéals pour un road trip entre mer et montagne, alternant longues étapes de conduite et pauses contemplatives.

En Afrique du Sud, la Garden Route s’étend sur environ 300 kilomètres entre Mossel Bay et Storms River, le long de la côte sud du pays. Contrairement à ce que son nom pourrait laisser croire, il ne s’agit pas d’une seule route, mais d’une portion de la N2 complétée par de nombreuses routes secondaires qui desservent des réserves naturelles, des lagunes et des forêts indigènes. Cette route mythique d’Afrique du Sud doit son nom à la luxuriance de sa végétation, très contrastée avec les paysages plus arides de l’intérieur. Les arrêts incontournables incluent Knysna et sa lagune, Plettenberg Bay, ainsi que le parc national de Tsitsikamma, célèbre pour ses ponts suspendus au-dessus de l’océan.

La conduite sur la Garden Route est globalement facile, la route étant bien entretenue et les services (stations-service, hébergements, restaurants) nombreux. Néanmoins, il convient de rester attentif à la faune, notamment aux babouins qui n’hésitent pas à s’approcher des voitures, et aux conditions météorologiques variables, avec parfois des brouillards côtiers denses. En prenant 5 à 7 jours pour parcourir la région, vous pouvez combiner plages, randonnées en forêt, visites de fermes d’autruches et safaris dans des réserves privées situées à proximité de l’itinéraire principal.

De l’autre côté du globe, en Australie, la Great Ocean Road figure en bonne place dans la liste des routes côtières les plus célèbres du monde. Sur environ 240 kilomètres entre Torquay et Allansford, dans l’État de Victoria, elle longe l’océan Austral et offre des vues spectaculaires sur des falaises de grès, des plages sauvages et des formations rocheuses emblématiques comme les Douze Apôtres. Construite après la Première Guerre mondiale par des soldats démobilisés, elle constitue à la fois un monument commémoratif et un chef-d’œuvre d’ingénierie routière.

Bien que réalisable en une seule journée, la Great Ocean Road mérite au minimum deux ou trois jours pour prendre le temps de s’arrêter aux nombreux points de vue, de marcher jusqu’aux belvédères et, pourquoi pas, de faire un détour par les forêts d’eucalyptus de l’arrière-pays où vivent des koalas en liberté. La route est sinueuse et très fréquentée en haute saison, ce qui impose une conduite prudente et une anticipation des arrêts. Les couchers de soleil sur les Douze Apôtres comptent parmi les moments forts de tout road trip en Australie, rappelant que sur ces routes mythiques, c’est souvent le trajet lui-même, plus que la destination finale, qui reste gravé dans la mémoire.