L’Atlantique nord recèle des destinations spectaculaires qui échappent encore aux circuits touristiques classiques. Entre fjords découpés, falaises vertigineuses battues par les vents, villages insulaires isolés et paysages arctiques à couper le souffle, cette région du globe offre aux voyageurs aventureux des expériences inoubliables. Les road trips dans ces contrées sauvages permettent d’explorer des territoires où la nature règne en maître, où les éléments sculptent des panoramas d’une beauté brute et où chaque virage révèle un nouveau spectacle géologique.

Loin des foules qui envahissent les destinations méditerranéennes ou tropicales, ces perles septentrionales attirent une nouvelle génération de voyageurs en quête d’authenticité et de grands espaces. Que vous soyez passionné de photographie de paysages, amateur d’ornithologie, randonneur confirmé ou simplement en quête de dépaysement total, les itinéraires proposés dans cet article vous mèneront vers des horizons où la civilisation semble avoir reculé devant la puissance des éléments.

Terre-neuve-et-labrador : itinéraires sauvages du gros morne au cap spear

La province canadienne de Terre-Neuve-et-Labrador constitue l’une des destinations les plus méconnues et fascinantes de l’Atlantique nord. Cette île massive, séparée du continent par le détroit de Belle-Isle, offre des paysages d’une diversité stupéfiante sur ses 111 390 kilomètres carrés. Les voyageurs qui s’aventurent jusqu’à ces latitudes découvrent une nature intacte, façonnée par les glaciations successives et l’érosion marine millénaire.

Le climat subarctique de la région crée des conditions météorologiques changeantes qui ajoutent au caractère dramatique des paysages. Les brouillards marins qui s’accrochent aux côtes, alternant avec des éclaircies lumineuses spectaculaires, créent une atmosphère unique. Les statistiques touristiques révèlent que seulement 527 000 visiteurs ont exploré cette province en 2022, un chiffre dérisoire comparé aux 15 millions qui visitent la Nouvelle-Écosse voisine, garantissant ainsi une expérience loin des sentiers battus.

Parc national du gros morne et ses fjords glaciaires de western brook pond

Classé au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1987, le parc national du Gros Morne s’étend sur 1 805 kilomètres carrés le long de la côte ouest de Terre-Neuve. Ce territoire exceptionnel présente une géologie unique au monde, où affleurent des roches du manteau terrestre normalement enfouies sous la croûte océanique. Ces formations, appelées ophiolites, témoignent de processus tectoniques qui se sont déroulés il y a plus de 500 millions d’années.

Le Western Brook Pond constitue le joyau absolu du parc. Malgré son nom trompeur, il s’agit d’un véritable fjord d’eau douce encaissé entre des parois rocheuses qui culminent à plus de 600 mètres de hauteur. Pour accéder à ce spectacle naturel, vous devrez d’abord parcourir un sentier de 3 kilomètres à travers une tourbière avant d’embarquer sur un bateau qui navigue pendant deux heures dans cet environnement sculptural. Les cascades qui dévalent les falaises après les pluies créent des voiles d’eau éphémères d’une beauté saisissante.

Route

La route 430, surnommée Viking Trail, traverse le parc du nord au sud et constitue l’épine dorsale de votre road trip à Terre-Neuve. Entre Rocky Harbour, Norris Point et Cow Head, de nombreux points de vue aménagés permettent d’observer les anses battues par les vagues, les plateaux de toundra et les falaises entaillées par les anciens glaciers. Prévoyez au minimum deux à trois jours complets pour combiner randonnées (comme le spectaculaire sentier du Gros Morne Mountain), croisière sur Western Brook Pond et exploration des petits villages de pêche traditionnels qui ponctuent la côte.

Les conditions peuvent changer très vite : brouillard dense, pluie froide, puis ciel bleu en l’espace d’une heure. Emportez des vêtements techniques en couches superposées, une bonne veste imperméable, et gardez en tête que la plupart des services (stations-service, épiceries, hébergements) sont espacés. Ici plus qu’ailleurs, faire le plein dès que possible et télécharger vos cartes hors ligne avant de partir est une sage précaution.

Route côtière de la péninsule d’avalon jusqu’au point le plus oriental d’amérique

À plus de 700 kilomètres au sud-est du Gros Morne, la péninsule d’Avalon concentre certains des paysages côtiers les plus dramatiques de Terre-Neuve. En suivant la route 10 puis la 11, vous longez une succession de baies profondes, de caps exposés et de villages accrochés aux rochers. Le tout sous le ballet incessant des goélands et des fulmars. C’est également sur cette péninsule que se trouve le Cap Spear, le point le plus oriental de l’Amérique du Nord, à quelques kilomètres seulement de la capitale, St. John’s.

Depuis St. John’s, ville colorée aux maisons en bois surnommées Jellybean Row, une route panoramique mène au phare historique du Cap Spear, perché sur de hautes falaises qui dominent l’Atlantique. Par temps clair, on a parfois la chance d’apercevoir les silhouettes sombres des baleines à bosse migratrices ou, au printemps, les icebergs dérivant vers le sud. Les sentiers côtiers aménagés autour du phare offrent de magnifiques points de vue et constituent une excellente introduction à l’East Coast Trail, réseau de plus de 300 kilomètres de chemins balisés.

Plus au sud, la route qui descend vers Petty Harbour, Bay Bulls ou Witless Bay serpente à travers une mosaïque de landes, de forêts boréales et de falaises abruptes. Chaque détour de route débouche sur une nouvelle anse ou un hameau de pêcheurs, souvent doté d’un quai en bois et de quelques maisons brightly painted. C’est dans cette région que se trouvent certaines des plus belles croisières d’observation de macareux, de baleines et, à la bonne saison, d’icebergs. Vous voyagez en van ou en camping-car ? Gardez à l’esprit que les aires de stationnement sont parfois exiguës, mieux vaut arriver tôt le matin pour profiter des meilleurs emplacements.

Villages de pêcheurs isolés de twillingate et fogo island

Au nord de l’île principale, les localités de Twillingate et Fogo Island incarnent l’âme de Terre-Neuve : un mélange de rudesse atlantique, de traditions de pêche multiséculaires et d’un sens aigu de l’hospitalité. Twillingate, surnommée la « capitale mondiale des icebergs », est située au bout d’une route secondaire (la 340) qui traverse une série d’îles reliées par des ponts. Le trajet en lui-même est déjà une expérience, avec ces cordons rocheux battus par les vagues et ces petites maisons de bois qui semblent défier les tempêtes.

Une fois sur place, plusieurs sentiers côtiers balisés proposent des randonnées de difficulté modérée, comme le Long Point Lighthouse Trail, qui mène à un phare offrant une vue à 360° sur l’Atlantique nord. De mai à début juillet, la probabilité d’apercevoir des icebergs est particulièrement élevée, parfois si proches des côtes qu’on distingue nettement leurs stries bleutées. Les soirées, elles, se déroulent souvent dans les pubs locaux où la musique traditionnelle résonne encore, rappelant que Twillingate est aussi une étape culturelle de premier plan.

Fogo Island, accessible par ferry depuis Farewell, pousse encore plus loin cette sensation d’isolement et de bout du monde. L’île est devenue célèbre grâce à son spectaculaire Fogo Island Inn, hôtel d’architecture contemporaine posé sur pilotis en bord de mer, mais elle a su préserver un mode de vie simple, centré sur la pêche et l’entraide communautaire. Les villages de Joe Batt’s Arm, Tilting ou Shoal Bay invitent à la déambulation, entre maisons de bois vernies, séchoirs à morue et petits ports abrités.

Sur Fogo, la voiture devient presque secondaire. On laisse volontiers son véhicule pour parcourir les nombreux sentiers qui montent sur les collines arrondies, traversent les tourbières et débouchent sur des caps rocheux abrupts. L’un des plus emblématiques est le Brimstone Head Trail, qui mène à un promontoire que certaines légendes locales considèrent comme l’un des « quatre coins du monde ». Le vent y souffle souvent en rafales, rappelant que dans l’Atlantique nord, la météo reste le véritable maître du jeu.

Icebergs alley : observation des géants de glace sur la viking trail

Entre la pointe nord de Terre-Neuve et la côte du Labrador s’étire un couloir océanique que les locaux appellent Iceberg Alley. Chaque printemps, des centaines de blocs de glace détachés de l’inlandsis groenlandais descendent vers le sud portés par le courant du Labrador. Certains mesurent plusieurs dizaines de mètres de haut, comme des cathédrales de glace dérivant lentement le long des côtes. Les meilleurs points d’observation se situent entre St. Anthony, Quirpon et L’Anse aux Meadows, le long de la Viking Trail.

La petite ville de St. Anthony, située à l’extrémité nord de la route 430, sert souvent de base pour partir en croisière d’observation en bateau. Ces sorties durent généralement deux à trois heures et combinent observation des icebergs, des baleines et de la faune aviaire. Pour ceux qui préfèrent garder les pieds sur terre, des belvédères aménagés comme Fishing Point offrent des perspectives impressionnantes, surtout à la lumière rasante du matin ou du soir. Pensez à emporter des jumelles : à ces latitudes, la profondeur de champ est immense, mais les distances sont trompeuses, un peu comme sur une mer de nuages en montagne.

Plus à l’est, L’Anse aux Meadows, site historique inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO, abrite les vestiges d’un établissement viking vieux de plus de mille ans, le seul connu en Amérique du Nord. Combiner visite historique et observation des icebergs donne une dimension presque irréelle au voyage, comme si l’on superposait plusieurs couches de temps sur une même carte. La saison des icebergs varie d’une année à l’autre, mais en moyenne, les mois de mai et juin offrent les meilleures chances d’en apercevoir depuis la côte lors de votre road trip dans l’Atlantique nord.

Îles féroé : circuits panoramiques entre falaises vertigineuses et villages suspendus

Perdues au milieu de l’Atlantique entre l’Islande, la Norvège et l’Écosse, les Îles Féroé forment un archipel autonome rattaché au royaume du Danemark. Avec seulement 54 000 habitants pour 18 îles principales, ce territoire montagneux est un paradis pour les amateurs de paysages bruts et de routes panoramiques. Les tunnels sous-marins, ponts et bacs ont peu à peu relié la plupart des îles, rendant possible un véritable road trip insulaire, ponctué de traversées en ferry et de changements de météo aussi rapides qu’un battement d’ailes de macareux.

Les distances paraissent courtes sur la carte, mais la sinuosité des routes et les arrêts photo fréquents allongent naturellement les temps de trajet. Il faut compter au minimum cinq à sept jours pour parcourir les grands classiques de l’archipel, davantage si vous souhaitez randonner. Gardez en tête que les Féroé pratiquent un tourisme régulé : certains sentiers sont payants ou nécessitent un guide local, notamment sur les terres privées. Mieux vaut vérifier l’actualité des accès avant le départ, les règles évoluant régulièrement.

Sørvágsvatn : le lac suspendu de vágar et ses perspectives photographiques

Sur l’île de Vágar, à une trentaine de minutes en voiture de la capitale Tórshavn, le lac Sørvágsvatn défie la logique par sa géométrie. Vu depuis certains points de vue, il semble littéralement suspendu au-dessus de l’océan, comme posé sur une étagère rocheuse. Ce phénomène de perspective, amplifié par la verticalité des falaises de Trælanípa, a fait de ce site l’une des icônes visuelles des Îles Féroé, très prisée des photographes de paysages.

Pour atteindre le belvédère principal, un sentier balisé part près du village de Miðvágur. La randonnée aller-retour prend entre deux et trois heures selon votre rythme, sur un terrain souvent humide et parfois boueux. Depuis 2019, l’accès au sentier est payant, les terres appartenant à des propriétaires privés qui ont mis en place un système de billetterie et, à certaines heures, d’accompagnement guidé. Renseignez-vous à l’avance sur les horaires et les tarifs, et prévoyez de bonnes chaussures imperméables : ici, même en plein été, l’herbe détrempée transforme rapidement les baskets en éponges.

Le point de vue final sur le lac et les falaises s’atteint après une courte montée. Par temps clair, on distingue parfaitement la ligne de séparation entre la surface calme du lac et l’océan Atlantique qui gronde plusieurs dizaines de mètres plus bas. Par temps brumeux, l’atmosphère devient fantomatique, le lac semblant flotter dans un nuage. Dans les deux cas, la prudence est de mise : les falaises ne sont pas toujours protégées par des barrières, et le vent peut être violent. Une règle simple à suivre dans tout road trip aux Féroé : ne jamais sacrifier votre sécurité pour une photo.

Vestmanna : croisières ornithologiques sous les falaises de basalte

Sur la côte nord-ouest de Streymoy, l’île principale, le village de Vestmanna est le point de départ de l’une des excursions les plus emblématiques des Féroé : la croisière sous les falaises de basalte. Pendant deux heures environ, les bateaux glissent entre des parois verticales hautes de plusieurs centaines de mètres, s’engouffrent dans des grottes marines et frôlent des arches naturelles sculptées par l’érosion. Au printemps et en été, les corniches herbeuses sont littéralement tapissées d’oiseaux marins : guillemots, fulmars, macareux, cormorans…

Les départs ont lieu en général plusieurs fois par jour en haute saison, mais les conditions de mer dictent la possibilité de sortir ou non. En cas de vent fort ou de houle importante, certaines grottes ne peuvent être approchées, voire la navigation est annulée. Il est donc judicieux de prévoir une certaine flexibilité dans son itinéraire, surtout si vous tenez absolument à cette sortie. Côté pratique, pensez à emporter un coupe-vent et un bonnet même en juillet : la température ressentie à l’ombre des falaises, avec les embruns, peut chuter très vite.

Le village de Vestmanna en lui-même mérite une courte halte, ne serait-ce que pour observer le contraste entre les maisons colorées et les reliefs abrupts qui les entourent. Un petit musée retrace l’histoire de la pêche et des communications maritimes dans la région. En combinant cette croisière avec la visite d’autres villages de Streymoy, comme Saksun ou Tjørnuvík, vous obtenez une journée complète de road trip féroïen, condensé de tout ce que l’Atlantique nord peut offrir de plus spectaculaire.

Gjógv : village troglodyte et gorge naturelle de risin og kellingin

Situé à l’extrémité nord-est de l’île d’Eysturoy, le village de Gjógv doit son nom à une gorge naturelle (gjógv en féroïen) qui sert de port abrité. Les barques de pêche y sont hissées à l’aide de rails, à l’abri du ressac. Surplombant la gorge, un réseau de petits sentiers permet de prendre de la hauteur et d’admirer la côte nord d’Eysturoy, avec en toile de fond les célèbres stacks rocheux de Risin og Kellingin, deux piliers de pierre dressés dans la mer, associés à une ancienne légende de géant et de sorcière.

La route sinueuse qui mène à Gjógv, depuis la nouvelle route panoramique d’Eysturoy traversant le pont sur l’Atlantique et les tunnels récents, fait déjà partie de l’expérience. Elle traverse des plateaux presque lunaires, où les moutons semblent avoir pris possession de chaque parcelle d’herbe. En arrivant au village, un petit parking accueille les visiteurs, mais l’espace reste limité. Comme souvent dans l’archipel, arriver tôt ou en fin de journée est la meilleure stratégie pour profiter d’une ambiance plus sereine.

À Gjógv, la météo peut transformer le décor en quelques minutes : grand soleil et visibilité parfaite sur les îlots voisins, puis rideau de pluie et nuages descendant jusqu’aux maisons. Ce contraste permanent fait partie du charme des Féroé. Pour une immersion complète, certains voyageurs choisissent de passer la nuit dans la guesthouse du village et d’explorer les alentours en soirée, lorsque la lumière rasante souligne chaque relief. Les photographes de paysages y trouveront un terrain de jeu inépuisable, surtout si un banc de brume vient s’accrocher aux crêtes.

Mykines : sentiers escarpés vers les colonies de macareux moines

Mykines, l’île la plus occidentale de l’archipel, est souvent décrite comme le joyau des Féroé pour l’observation des oiseaux. Accessible en bateau depuis Sørvágur (en été) ou en hélicoptère via le réseau public, elle abrite d’immenses colonies de macareux moines, ces petits oiseaux marins au bec coloré qui semblent tout droit sortis d’un dessin animé. Entre mai et août, ils nichent par milliers sur les pentes herbeuses et les falaises, offrant un spectacle unique pour les amateurs d’ornithologie.

Le sentier principal conduit du village de Mykines au phare situé sur l’îlot de Mykineshólmur, relié par une passerelle métallique. Pendant plusieurs années, l’accès à ce sentier a été strictement réglementé voire fermé, en raison de glissements de terrain et de la nécessité de protéger les habitats des oiseaux. Actuellement, la plupart des randonnées sur l’île sont soumises à un système de permis payant et, dans certains cas, à l’obligation d’être accompagné par un guide local. Là encore, une vérification en amont est indispensable pour éviter les mauvaises surprises.

Mykines illustre parfaitement le compromis délicat entre tourisme et préservation dans les zones subarctiques de l’Atlantique nord. La popularité croissante des images de macareux sur les réseaux sociaux a attiré un nombre grandissant de visiteurs sur une île fragile, aux infrastructures limitées. Si vous choisissez d’y aller, adoptez un comportement exemplaire : restez sur les sentiers, gardez vos distances avec les oiseaux, évitez les drones pendant la saison de nidification. Le privilège de visiter ces lieux se paye avant tout en respect.

Côte ouest d’écosse : highlands maritimes et archipels des hébrides

La côte ouest de l’Écosse dessine un labyrinthe de lochs, de péninsules et d’archipels qui semblent se multiplier à l’infini sur la carte. Entre les montagnes des Highlands qui plongent dans l’Atlantique et les îles battues par les vents, la région offre l’un des plus beaux théâtres naturels d’Europe pour un road trip. Ici, les routes à voie unique alternent avec des sections plus roulantes, mais la règle d’or reste la même : prendre son temps, s’arrêter souvent et accepter que chaque pluie soit suivie, tôt ou tard, d’une percée de lumière spectaculaire.

Les infrastructures sont plus développées que dans d’autres zones de l’Atlantique nord, avec un bon réseau de campings, de B&B et de petites auberges. Cependant, la popularité croissante d’itinéraires comme la North Coast 500 ou l’Isle of Skye Road Trip a entraîné une hausse de la fréquentation en haute saison. Pour retrouver le sentiment d’isolement recherché, privilégiez le printemps (mai-juin) ou le début de l’automne (septembre-octobre), lorsque les midges (moucherons voraces) sont moins présents et que les couleurs des landes se révèlent pleinement.

North coast 500 : segment atlantique de durness à ullapool

La North Coast 500, boucle de 830 kilomètres autour des Highlands du nord, est souvent présentée comme la route 66 écossaise. Son segment occidental, entre Durness et Ullapool, longe littéralement le rebord de l’Atlantique. Depuis les falaises de Cape Wrath et la plage de sable blanc de Balnakeil jusqu’aux montagnes sculpturales de Suilven et Stac Pollaidh, chaque portion de route réserve sa surprise géologique. On passe d’une côte sablonneuse à des criques rocheuses, puis à des lochs intérieurs encerclés de sommets abrupts.

La route A838 puis la A835, souvent étroite et ponctuée de passing places (aires de croisement), exige une conduite attentive. Mais cette contrainte fait partie du charme du trajet : on roule moins vite, on observe davantage. Les amateurs de photographie de paysages trouveront d’innombrables spots entre Loch Assynt, les ruines du château d’Ardvreck, et les plages turquoise comme Achmelvich ou Clachtoll, qui n’ont rien à envier à certaines îles tropicales… si ce n’est la température de l’eau.

Ullapool, petit port de pêche et terminus des ferries pour Lewis et Harris, constitue une halte idéale pour refaire le plein de carburant, de provisions et de culture. Le village dispose de plusieurs pubs animés, de galeries d’art et d’un petit musée. En haute saison, il est recommandé de réserver à l’avance son hébergement, surtout si vous voyagez en camping-car : les parkings nocturnes sauvages sont de plus en plus réglementés, dans un souci de préservation des paysages et de respect des communautés locales.

Isle of skye : old man of storr et falaises du neist point

Reliée au continent par un pont depuis 1995, l’île de Skye est devenue la star des brochures touristiques écossaises. Pourtant, malgré la fréquentation accrue, elle continue de fasciner par la puissance de ses reliefs et la diversité de ses paysages. La route qui la traverse d’est en ouest, de Kyle of Lochalsh à Dunvegan, dévoile successivement les Cuillin Hills acérées, les landes ondulantes du Trotternish et les falaises de basalte qui s’avancent dans l’Atlantique.

Parmi les lieux emblématiques, l’Old Man of Storr s’impose comme une randonnée incontournable. Ce monolithe rocheux, vestige d’un glissement de terrain gigantesque, domine un paysage de collines et de lochs avec, en toile de fond, la mer intérieure du Sound of Raasay. Le sentier, désormais bien aménagé, grimpe progressivement depuis le parking situé au bord de la route côtière. Comptez deux à trois heures aller-retour, en prévoyant des chaussures étanches : la boue est presque aussi célèbre que le panorama.

À l’extrémité ouest de Skye, le phare de Neist Point veille depuis la fin du XIXe siècle sur un cap abrupt qui plonge dans l’océan. Une courte mais raide descente d’escaliers permet d’atteindre le promontoire et de longer les falaises. Au coucher du soleil, la lumière dorée embrase les colonnes de basalte, créant une atmosphère digne des plus beaux films fantastiques. Comme souvent dans les zones atlantiques subarctiques, le vent peut être violent et les bourrasques soudaines : gardez une distance de sécurité avec le bord des falaises, notamment si vous voyagez avec des enfants.

Archipel des hébrides extérieures : plages de luskentyre et standing stones de callanish

Au-delà de Skye, un autre monde vous attend : les Hébrides extérieures, longues îles effilées qui forment une barrière entre l’Atlantique ouvert et le continent écossais. Les ferries depuis Ullapool ou Uig (Skye) desservent notamment Lewis et Harris, îles contiguës mais aux paysages contrastés. Harris, au sud, est célèbre pour ses plages de sable blanc comme Luskentyre, Seilebost ou Scarista, où les eaux turquoise contrastent avec les montagnes sombres de North Harris. Lewis, au nord, offre une mosaïque de tourbières, de lochs intérieurs et de sites préhistoriques.

Les standing stones de Callanish, cercle mégalithique érigé il y a plus de 4 000 ans, figurent parmi les plus impressionnants de Grande-Bretagne. Moins fréquenté que Stonehenge et plus libre d’accès, le site se visite à toute heure. Y venir à l’aube ou au crépuscule, lorsque les nuages atlantiques se déchirent au-dessus des silhouettes de pierre, procure une expérience presque mystique. Pour les passionnés d’archéologie comme pour les amateurs de photographie, c’est un détour à ne pas manquer.

Organisationnellement, les Hébrides extérieures demandent un minimum d’anticipation : réservation des traversées de ferry (pour vous et votre véhicule), repérage des aires de camping ou des hébergements, et prise en compte des distances. Les routes sont souvent à voie unique, ce qui ralentit la progression mais permet aussi de mieux apprécier le paysage. De nombreux voyageurs choisissent de combiner un séjour sur Lewis & Harris avec un passage par les îles plus au sud, comme North Uist ou Barra, chacune avec sa personnalité propre.

Norvège arctique : lofoten et route scénique jusqu’au cap nord

Au nord du cercle polaire, la Norvège déroule l’un des littoraux les plus spectaculaires de la planète. Une multitude de fjords profonds entaillent la côte, séparant des péninsules escarpées et des archipels montagneux. Dans cette géographie complexe, les routes panoramiques jouent le rôle de fil conducteur pour le voyageur : ponts élancés, tunnels sous-marins et tronçons serpentant entre mer et parois rocheuses composent une véritable galerie d’art paysager. Du sud des Lofoten jusqu’au cap Nord, l’Atlantique nord prend ici des allures de fjord arctique, où la lumière d’été ne s’éteint jamais vraiment.

La meilleure période pour un road trip en Norvège arctique s’étend de fin mai à début septembre, lorsque les routes de montagne sont dégagées et que les services touristiques fonctionnent à plein régime. Entre mi-mai et mi-juillet, vous profiterez du phénomène du soleil de minuit, tandis qu’en septembre, les premières aurores boréales peuvent déjà apparaître. Dans tous les cas, préparez-vous à des coûts plus élevés que dans le reste de l’Europe : carburant, hébergements, ferries et restauration reflètent le niveau de vie norvégien.

E10 des lofoten : villages de pêcheurs de reine et henningsvær

La route E10, classée route touristique nationale, traverse l’archipel des Lofoten d’est en ouest, reliant la petite ville de Svolvær au village d’Å. Tout au long du trajet, des pics acérés jaillissent littéralement de la mer, encadrant des anses aux eaux turquoise où se reflètent les habitations rouges sur pilotis, les fameux rorbuer. Le contraste est saisissant, comme si les Alpes avaient été immergées dans l’Atlantique.

Parmi les étapes emblématiques, le village de Reine est souvent présenté comme l’un des plus photogéniques du monde. Niché au pied de montagnes abruptes, il offre une vue iconique depuis le pont qui mène à l’île voisine de Hamnøy. Plusieurs sentiers de randonnée, comme Reinebringen (désormais équipé d’escaliers en pierre pour limiter l’érosion), permettent de prendre de la hauteur sur cet amphithéâtre naturel. Plus au nord, Henningsvær, accessible par une succession de petits ponts, séduit par son stade de football installé sur un rocher et par son ambiance artistique, avec galeries et cafés à l’atmosphère décontractée.

La circulation sur la E10 peut être dense en plein été, surtout aux abords des villages les plus populaires. Pour éviter les embouteillages dans ces paysages pourtant sauvages, partez tôt le matin ou privilégiez la fin de journée, lorsque la lumière devient plus douce et que les groupes de bus retournent vers leurs bases. Le camping sauvage, longtemps toléré, fait désormais l’objet de restrictions locales : renseignez-vous sur les règles en vigueur et, si vous optez pour un stationnement en pleine nature, appliquez scrupuleusement les principes de Leave No Trace.

Route nationale 862 : fjords secrets du senja et tunnels sous-marins

Moins connue que les Lofoten mais tout aussi spectaculaire, l’île de Senja est accessible via un pont depuis le continent ou par ferry depuis les Vesterålen. La route nationale 862, également classée route touristique nationale, en longe la côte occidentale en une succession de virages, de belvédères et de tunnels. Ici, les foules sont plus rares, les panoramas tout aussi vertigineux : sommets dentelés, fjords profonds, plages de sable blond et villages minuscules blottis au fond des anses.

Les points de vue aménagés de Bergsbotn, Tungeneset ou Ersfjordstranda offrent des perspectives différentes sur ce relief tourmenté. Certains belvédères ont été conçus comme de véritables œuvres d’architecture contemporaine, avec des passerelles en bois et en acier qui s’avancent au-dessus du vide, comme pour inviter le voyageur à plonger du regard dans la géographie arctique. Les tunnels, parfois longs de plusieurs kilomètres, permettent de franchir les promontoires les plus abrupts tout en donnant l’impression de passer d’un univers à l’autre à chaque sortie.

Senja est également un terrain de jeu privilégié pour les randonneurs, avec des itinéraires plus sauvages que dans les Lofoten. Cependant, les dénivelés peuvent être importants et les sentiers moins balisés : une bonne préparation est essentielle. Côté logistique, l’offre d’hébergement augmente mais reste limitée par rapport à la demande estivale. Réserver à l’avance, que ce soit pour un camping, un rorbu ou une chambre d’hôtes, est vivement recommandé pour éviter de transformer votre road trip en course aux disponibilités.

Nordkapp : plateau arctique et falaises de knivskjellodden

Symbole mythique pour de nombreux voyageurs, le cap Nord (Nordkapp) marque, dans l’imaginaire collectif, l’extrémité septentrionale de l’Europe accessible par la route. En réalité, le point terrestre le plus au nord est la presqu’île voisine de Knivskjellodden, accessible uniquement à pied, mais le plateau du Nordkapp, avec sa falaise de 307 mètres surplombant la mer de Barents, reste un rite de passage pour les amateurs de road trips extrêmes.

La route E69, qui mène au cap depuis Olderfjord en franchissant plusieurs tunnels sous-marins et viaducs spectaculaires, traverse un paysage de toundra rase, parsemé de rennes. En été, le soleil de minuit permet d’atteindre le site à n’importe quelle heure, ce qui peut être un avantage pour éviter les pics d’affluence des bus touristiques. L’accès au plateau est payant et comprend l’entrée au centre d’interprétation, qui retrace l’histoire des explorations arctiques et des premières expéditions automobiles jusqu’au cap.

Pour ceux qui souhaitent aller au-delà de la simple photo sous le célèbre globe métallique, le sentier menant à Knivskjellodden offre une alternative plus sauvage. Long d’environ 18 kilomètres aller-retour, il serpente à travers un paysage de roches et de mousses, avant de déboucher sur une falaise plus basse mais réellement située plus au nord que le plateau du Nordkapp. Ici, le sentiment d’être au bord du monde est encore plus palpable, renforcé par l’absence d’infrastructures et le grondement continu de la mer.

Sommарøy : île blanche et phénomène du soleil de minuit

À une quarantaine de kilomètres à l’ouest de Tromsø, l’île de Sommarøy est parfois décrite comme la « Caraïbe arctique » en raison de ses plages de sable blanc et de ses eaux turquoise. Reliée au continent par un pont élégant, elle constitue une escapade parfaite pour une ou deux journées dans le cadre d’un road trip en Norvège arctique. En été, lorsque le soleil ne se couche plus vraiment, les longues soirées prennent ici une dimension presque irréelle : on peut randonner, faire du kayak ou simplement marcher sur la plage à minuit sous une lumière dorée.

Sommarøy est aussi un bon exemple de communauté vivant au rythme des saisons polaires. En hiver, la nuit est quasi permanente et l’île devient un excellent point d’observation des aurores boréales, à bonne distance de la pollution lumineuse de Tromsø. En été, en revanche, on oublie presque la notion d’heure : certains habitants avaient même lancé, il y a quelques années, une campagne symbolique pour devenir la première « zone sans temps » au monde, invitant les visiteurs à se libérer de la contrainte de l’horloge.

Pour le voyageur, Sommarøy offre une combinaison idéale entre accessibilité et dépaysement. Quelques hébergements et restaurants permettent de passer la nuit sur place, tandis que les routes étroites qui sillonnent l’île offrent d’innombrables points d’arrêt pour admirer les îlots voisins, les montagnes du continent et la danse des reflets sur l’eau. Comme ailleurs en Norvège, la baignade reste réservée aux plus courageux, mais même un simple bain de pieds dans l’Atlantique nord, ici, laisse un souvenir tenace.

Islande méconnue : péninsules isolées des westfjords et côte nord-est

L’Islande est souvent associée à sa célèbre route circulaire, la Ring Road, qui fait le tour de l’île en longeant les sites les plus connus. Pourtant, certaines des régions les plus sauvages et les plus authentiques se situent en dehors de ce circuit classique, notamment dans les Westfjords (Vestfirðir) et le long de la côte nord-est. Ces zones, moins faciles d’accès, exigent plus de temps et parfois un véhicule adapté, mais elles récompensent largement l’effort par un sentiment d’isolement rare en Europe.

Les Westfjords, au nord-ouest, forment un dédale de fjords profonds et de montagnes abruptes, où la densité de population tombe à moins d’un habitant par kilomètre carré. La côte nord-est, de son côté, propose un visage plus minéral, ponctué de petites villes de pêche et de falaises peu fréquentées. En combinant ces régions dans un même road trip, vous explorez une Islande loin des embouteillages touristiques du sud, plus proche de ce que les Islandais eux-mêmes considèrent comme leur « vrai nord ».

Hornstrandir : réserve naturelle accessible uniquement par bateau-taxi

À l’extrémité septentrionale des Westfjords, la péninsule d’Hornstrandir est une réserve naturelle intégrale où aucune route ne mène. Abandonnée par ses habitants permanents dans les années 1950, elle est aujourd’hui un sanctuaire pour la faune arctique, notamment le renard polaire, et un terrain de jeu extraordinaire pour les randonneurs autonomes. L’accès se fait exclusivement par bateau-taxi depuis Ísafjörður ou Bolungarvík, ce qui transforme déjà l’arrivée en petite expédition.

Une fois débarqué, il n’y a plus de commerce, pas de réseau téléphonique et très peu d’abris. Les randonneurs doivent être entièrement autonomes, avec tente, nourriture et équipement de sécurité adaptés aux conditions changeantes de l’Atlantique nord. Les itinéraires les plus classiques s’étendent sur trois à cinq jours, entre prairies fleuries, falaises abruptes et plages de galets où viennent parfois s’échouer des glaces dérivantes. Pour ceux qui ne souhaitent pas s’engager dans un trek de plusieurs jours, certaines compagnies proposent des excursions à la journée depuis Ísafjörður, permettant d’avoir un aperçu de ce territoire hors du temps.

Hornstrandir agit un peu comme une machine à remonter le temps : on y retrouve l’Islande telle qu’elle était avant le boom touristique et la modernisation rapide des infrastructures. C’est aussi un rappel puissant des exigences du voyage en zones subarctiques : une mauvaise préparation, ici, peut avoir des conséquences sérieuses. Avant de partir, consultez les recommandations du Safetravel Iceland, vérifiez la météo et enregistrez votre itinéraire auprès des autorités locales si vous envisagez une randonnée de plusieurs jours.

Látrabjarg : falaises aux millions d’oiseaux marins et épaves historiques

À l’extrémité sud-ouest des Westfjords, le cap de Látrabjarg aligne 14 kilomètres de falaises qui culminent à plus de 400 mètres au-dessus de l’océan. C’est l’une des plus grandes falaises d’oiseaux marins d’Europe, abritant des millions de fulmars, de guillemots et surtout de macareux moines. Ici, les oiseaux, peu effrayés par l’homme, se laissent approcher à quelques mètres, offrant d’innombrables opportunités d’observation et de photographie. Mais la prudence est essentielle : les bords de falaise peuvent être instables, et il est recommandé de rester couché lorsqu’on s’approche du vide pour répartir son poids.

La route pour rejoindre Látrabjarg, depuis la petite localité de Patreksfjörður, alterne sections asphaltées et pistes de gravier parfois cahoteuses. En début de saison, certains tronçons peuvent être encore endommagés par l’hiver, nécessitant une conduite particulièrement attentive. Une fois sur place, plusieurs parkings jalonnent le haut des falaises, permettant de choisir son point de départ pour longer la corniche. Les journées les plus longues de l’été, lorsque le soleil ne descend jamais très bas sur l’horizon, offrent une lumière presque continue, idéale pour observer la faune sans se presser.

Non loin de Látrabjarg, sur la plage de Rauðasandur ou vers la baie de Breiðavík, on trouve aussi les vestiges d’épaves historiques, rappelant combien cette côte a été redoutée des marins au fil des siècles. Ces épaves, souvent rouillées et tordues par les éléments, ajoutent une dimension mélancolique à ce paysage déjà très fort. En vous tenant au bord des falaises, face à l’immensité de l’Atlantique nord, difficile de ne pas penser aux générations de pêcheurs qui ont affronté ces eaux pour faire vivre leurs familles.

Cercle arctique islandais : grímsey et traversée de latitude 66°33’N

Au large de la côte nord de l’Islande, l’île de Grímsey présente une particularité géographique qui attire les curieux : elle est coupée en deux par le cercle arctique, la fameuse latitude 66°33’N. Accessible en ferry depuis Dalvík ou en petit avion depuis Akureyri, Grímsey permet de vivre l’expérience symbolique de franchir cette ligne mythique tout en restant dans un cadre relativement confortable, avec un petit village, une boutique et quelques hébergements.

Sur place, un sentier balisé mène à un monument moderne en forme de sphère, marquant la position actuelle du cercle arctique, qui se déplace chaque année de quelques dizaines de mètres en raison de la précession de l’axe terrestre. C’est l’occasion de prendre la traditionnelle photo « un pied dans l’Arctique, un pied dans le reste du monde ». Mais au-delà de cet aspect ludique, Grímsey offre surtout de magnifiques falaises d’oiseaux, des prairies fleuries et un sentiment d’isolement doux, loin des foules de la côte sud.

La traversée en ferry elle-même fait partie de l’expérience d’un road trip dans l’Atlantique nord : mer parfois agitée, oiseaux marins suivant le sillage du bateau, silhouettes des montagnes islandaises qui se découpent à l’horizon. Si vous êtes sujet au mal de mer, prévoyez un traitement adapté et choisissez si possible un jour de météo clémente. À l’arrivée, la taille réduite de l’île permet de la parcourir à pied en une journée, en prenant le temps d’observer la faune, de discuter avec les habitants et de ressentir la douce étrangeté d’un village au bord du cercle polaire.

Préparation logistique pour road trips en zones atlantiques subarctiques

Qu’elles se déroulent à Terre-Neuve, aux Féroé, en Écosse, en Norvège ou en Islande, toutes les aventures sur les côtes de l’Atlantique nord partagent un même dénominateur : la nécessité d’une préparation minutieuse. Dans ces régions subarctiques, les distances sont trompeuses, la météo imprévisible, les infrastructures parfois limitées et les coûts plus élevés que la moyenne. Un road trip réussi repose autant sur l’itinéraire que sur l’anticipation des contraintes logistiques.

Première règle : prévoir large. Là où un calcul rapide sur carte vous suggère deux heures de route, ajoutez systématiquement 30 à 50 % de marge pour les arrêts photo, les conditions routières et les impondérables (travaux, ferries complets, météo). Réservez à l’avance tout ce qui peut l’être, en particulier les traversées maritimes, les hébergements dans les petites localités et la location du véhicule, en privilégiant des agences reconnues et des voitures bien entretenues. Dans certaines zones, comme les Westfjords ou les Highlands écossais, un véhicule à garde au sol un peu plus élevée offre un confort et une sécurité supplémentaires sur les pistes.

Côté équipement, pensez en termes de couches et de redondance. Emportez plusieurs couches thermiques légères plutôt qu’un seul gros manteau, afin de vous adapter facilement aux variations de température. Ajoutez un bonnet, des gants, des chaussettes en laine et une veste imperméable de qualité, même en plein été. Sur le plan électronique, prévoyez une batterie externe, un adaptateur de prise adéquat et, idéalement, un chargeur de voiture. Téléchargez vos cartes hors ligne (Google Maps, Maps.me ou applications locales) et, si possible, des applications de météo marine spécifiques à la région que vous explorez.

Enfin, n’oubliez pas que ces perles cachées de l’Atlantique nord sont aussi des écosystèmes fragiles et des lieux de vie pour des communautés souvent petites. Adoptez une conduite responsable : respect des limites de vitesse, usage raisonné du stationnement sauvage, gestion rigoureuse de vos déchets et respect des sentiers balisés. Dans de nombreux endroits, un simple sentier hors-piste peut endommager durablement la végétation ou perturber la nidification d’oiseaux marins. Un bon road trip dans l’Atlantique nord ne se mesure pas seulement en kilomètres parcourus, mais aussi en empreinte minimale laissée derrière soi.